Le projet en bref
Client : L’Université de Lausanne
Mandataire : L’Atelier des Données
Lieu : Lausanne
Durée : Février 2026 – octobre 2026
Objectif : Déterminer comment une population de truites évolue-t-elle face aux changements de température, de débit, de qualité de l’eau ou encore aux événements de pollution ?
Un jeu de données rare par sa durée
Depuis plus de 25 ans, la Maison de la Rivière mène un travail de suivi exceptionnel sur le Boiron. Année après année, ses équipes ont organisé des campagnes de pêche électrique sur de nombreux secteurs du cours d’eau, mesuré et caractérisé des dizaines de milliers de poissons et documenté l’évolution des populations.

Assurer la continuité d’un tel protocole pendant plus de deux décennies représente un travail considérable. Il a permis de constituer une série de données rare par sa durée et sa richesse, qui offre aujourd’hui la possibilité d’analyser finement les effets des changements environnementaux sur la population de truites.
Ce suivi de long terme a déjà permis de mettre en évidence plusieurs résultats importants, notamment l’efficacité limitée du repeuplement, la capacité de la population à recoloniser rapidement certains secteurs après une pollution majeure, ainsi que l’importance de la continuité piscicole et de l’amélioration de la qualité de l’eau.
Mais cette longue série de données offre encore de nombreuses possibilités d’analyse.
Ce nouveau projet est financé par un Seed Funding de l’Université de Lausanne, obtenu en collaboration avec la Pre Nathalie Chèvre, de l’Institut des dynamiques de la surface terrestre de l’UNIL. Ce soutien permet d’explorer plus en profondeur les liens entre la dynamique de la population de truites et les différentes pressions environnementales auxquelles le Boiron est soumis.
L’objectif de ma mission est précisément d’exploiter cette richesse afin de mieux comprendre les mécanismes environnementaux qui influencent la dynamique de la population.
Rassembler des données issues de plusieurs sources
La première étape consiste à construire une base de données cohérente à partir de suivis très différents.
Les données concernant les truites sont ainsi mises en relation avec plusieurs dimensions de leur environnement :
- la température de l’eau,
- les débits du Boiron,
- la qualité biologique de l’eau, mesurée notamment par l’IBCH,
- les micropolluants.
Ces données n’ont ni la même fréquence d’acquisition, ni la même structure, ni nécessairement la même couverture temporelle. Une partie importante du travail consiste donc à les nettoyer, les transformer et les harmoniser avant de pouvoir les analyser conjointement.
Transformer les mesures environnementales en indicateurs écologiques
Une température moyenne annuelle ou un débit moyen donnent une information limitée sur les conditions réellement rencontrées par les poissons.
Le travail consiste ensuite à construire des indicateurs correspondant davantage aux processus biologiques susceptibles d’affecter les différentes étapes du cycle de vie de la truite.
Pour la température, il est par exemple possible de caractériser la température moyenne durant certaines périodes, le nombre de jours dépassant un seuil critique ou encore la durée des épisodes chauds consécutifs.
Pour les débits, l’analyse peut porter sur la fréquence et la durée des crues, les périodes d’étiage, la variabilité hydrologique ou les événements extrêmes.
L’objectif est de traduire une longue série de mesures environnementales en variables pouvant être reliées à des processus écologiques précis, reproduction, recrutement, survie estivale ou passage d’une classe d’âge à la suivante.
Identifier les facteurs qui structurent la population
Une fois ces indicateurs construits, l’enjeu est de déterminer lesquels expliquent le mieux les variations observées dans la population.
Cette étape nécessite de tenir compte d’une difficulté importante, plusieurs facteurs environnementaux évoluent simultanément et peuvent produire des réponses non linéaires.
Une température modérée peut par exemple être favorable durant une certaine période, tandis qu’une température élevée ou une longue succession de journées chaudes peut devenir défavorable. De la même manière, une crue peut avoir des conséquences différentes selon sa saison, sa durée et le stade de développement des poissons.
J’utilise pour cela des approches statistiques permettant de comparer différentes hypothèses et d’identifier la forme des relations entre les conditions environnementales et les différentes classes d’âge de la population.
L’objectif n’est pas uniquement d’identifier une corrélation, mais de déterminer quels mécanismes sont les plus plausibles au regard de l’ensemble des données disponibles.
Passer d’un suivi historique à un outil de compréhension
Les suivis écologiques de longue durée ont une valeur particulière. Ils permettent d’observer des événements rares, des changements progressifs et des réponses biologiques qui seraient pratiquement impossibles à détecter dans une étude menée sur quelques années.
Le Boiron constitue à ce titre un véritable laboratoire à ciel ouvert.
Mon travail d’analyse de données écologiques consiste à transformer cette accumulation de données en connaissances utilisables, en identifiant les périodes critiques pour les truites, les facteurs environnementaux associés aux variations de leur abondance et les indicateurs les plus pertinents pour suivre l’état de la population.
À terme, ces analyses doivent permettre de mieux comprendre ce qui détermine la dynamique des truites du Boiron et d’apporter des éléments quantitatifs pour orienter leur suivi et leur gestion dans un contexte environnemental en évolution.
Et vos données ?
Vous disposez vous aussi de données écologiques accumulées au fil des années et souhaitez mieux les exploiter ? Contactez-moi pour discuter de vos données, de vos questions et des analyses qui pourraient leur donner toute leur valeur.
